A l’hôpital Madanm Paton ? Ca va pas bien ?

Si si, ne vous inquiétez pas. C’est juste pour vous raconter… Je mélange plusieurs histoires arrivées des français mais transposées façon seychelloise :

imaginons donc que je sois seychelloise, la fille de ma voisine par exemple et que j’ai 16 ans (oui, ça demande un effort conséquent ! Je sais, je sais !) N’ayant pas beaucoup de loisirs comme tous les jeunes d’ici, à part la messe le dimanche matin (obligatoire), la drogue et l’alcool, je drague et je me laisse draguer.

Et un jour je décide d’aller faire le test du Sida, qui est gratuit, puisqu’il y a des affiches en ville ou bien de me faire prescrire la pilule.

Je prends rendez-vous par téléphone et le jour j,  j’attends dans une salle d’attente, c’est à dire un couloir avec des chaises et sans magasine. Il y a aussi l’oncle de ma meilleure copine, le monsieur qui coupe les arbres pour le quartier, la fille de la belle-soeur de mon cousin qui attendent autour de moi. Ca discute… J’hésite à partir ou à rester. C’est pas super anonyme.

L’infirmière se pointe et appelle  » test du Sida » ou bien « prescription de contraception », haut et fort pour que j’entende. Tout le monde me regarde et je rentre la tête haute dans le bureau du docteur sans paniquer. Avant même mon retour à la maison, mes parents et mes grands-parents seront au courant…

Imaginons maintenant que j’aille chercher les résultats.

Je retourne au même endroit avec ma cousine (dont je n’ai pas réussi à me débarrasser). Une infirmière nous hèle derrière sa guitoune. Et là, l’infirmière me reconnaît et me dit, devant ses copines ou collègues qui sont assissent à causer dans son « bureau »,  » c’est pour le test du Sida. C’est bon ! »

Comme ça, ma cousine et toutes les copines de l’infirmière sont au courant et tout le monde est rassuré.

Je demande un papier, un certificat qui dit que je n’ai pas le Sida. Non, ça n’existe pas et elle me dit que tout ce qu’elle peut faire pour moi, c’est me montrer l’écriture du docteur sur son cahier qui dit que je n’ai pas le Sida.

Comme l’infirmière tourne son cahier, ma cousine a tout le loisir de lire ce qui est écrit aussi !

Evidemment j’ai grossi le trait, mais bon, c’est pour vous expliquer : quand on est seychellois, l’anonymat n’existe pas ! Sartre avait du se ballader aux Seychelles avant de trouver sa fameuse réplique : « l’enfer c’est les autres ! »

Un commentaire, ça fait toujours plaisir !