Femme d’expat, la vie rêvée Madanm Paton ?

Oui, bien sûr, c’est le grand panard !

…. d’être femme d’expat : une villa 7 pièces, piscine, 1 berline, des baby-sitters, 2 femmes de ménage et un cuisinier, le chauffeur pour emmener les gamins à l’école. Je passe ma vie dans les salons de thé avec les copines ou bien au Spa. Et on paie pas le loyer, ni le téléphone ni la télé ! …Nan mais sérieusement, vous y croyez à tout ça ?

C’est vrai qu’il y a des avantages financiers (augmentation du salaire et une enveloppe pour le loyer), mais ça peut s’arrêter là. Tout dépend du package négocié.

Quand on fait le compte, côté femme d’expat (enfin, conjoint d’expat, disons)

1. J’ai perdu mon boulot, donc mon indépendance financière

2. Je ne cotise pas à une caisse de retraite

3. Comme je ne travaille pas, j’ai le droit de m’occuper de la maison. Seule, parce que je n’ai rien à faire d’autre et que mon conjoint travaille d’arrache-pied (puisque l’expatrié est embauché pour ça après tout, il doit bosser mieux que les locaux puisqu’on le paie cher pour travailler en terre étrangère)

4. En conséquence, c’est moi qui dois me débrouiller pour apprendre comment on fait à manger ici (pas de Picart, ni de Carrefour!)

5. Si j’ai des enfants, c’est quand même la grosse galère (inscription à l’école, gestion du changement, vaccinations et j’en passe !)

6. En conséquence aussi, je finis par avoir des problèmes de couple (je passe mes soirées toute seule). Et d’ailleurs, je savais bien avant de partir que les expats ont environ 50% de chance de plus que les autres de divorcer. Dans certains pays, la concurrence est rude !
Et puis, je n’ai pas de voiture car pas le permis ou bien je me sens exclue car je ne parle pas de langue étrangère qui pourrait me permettre de communiquer.

7. Lorsque j’appelle mes amis ou ma mère pour me plaindre, on me rappelle que j’ai de la chance d’avoir l’occasion de changer de vie dans ces conditions (de princesse donc) et que je ferais mieux de regarder comme la vie des autres est toute pourrie et comme j’ai trop de la chance !

8. Je n’ai personne sur place qui peut comprendre ce que je vis, car ici, les gens que je fréquente n’ont aucune idée de ce que j’étais avant.

9. J’ai la sensation de m’appauvrir dans tous les sens du terme !

10. Bref, c’est la grosse loose.

11. En plus, aux Seychelles, une loi est passée début 2013, qui interdit aux femmes d’expatriées qui sont sur le « GOP » (permis de travail) de leur conjoint de travailler. Il faut qu’elles aient leur propre GOP ! Ou bien qu’elles puissent travailler pour une institution française, qui leur obtienne non un GOP mais un visa de courtoisie (mêmes avantages sans les inconvénients).

Bon quand je dis « je », c’est pas vrai ou juste lorsque je suis complètement déprimée. Ça ne dure jamais très longtemps, car j’ai quand même beaucoup plus de chance que la majorité des femmes d’expat des Seychelles (même si j’ai pas de piscine) : j’ai un boulot (à défaut de l’indépendance financière), je parle english,  j’aime cuisiner et ma famille ne me fait pas la morale, me soutient énormément et supporte avec philosophie mes baisses de régime !

5 réflexions au sujet de « Femme d’expat, la vie rêvée Madanm Paton ? »

  1. R

    Ma vie en résumé… Sauf que pas mariée, mal logée et en brousse… J’ai le droit de me taire et de regarder notre 50ene de chaines (ou de me faire dragué pas des dégueulasses quand je sors, à pied, bien sur)

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  2. s

    si cela t’emmerde apprend la langue local,fait toi des amis,sort voir ce qui se trouve autour de toi.Vivre, marié en terre étrangère n’est pas le paradis sur terre même si on vit mieux que les femmes de notre entourage.

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  3. Pomdepin

    C’est curieux, ces derniers temps, on a été plusieurs a réagir sur le sujet! J’ai de la chance, en Angleterre, ni visa ni permis de travail

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